Philo Décrypte
Réfléchir sur l'actualité

Pas toujours facile pour les médias d’analyser l’actualité. Car les journalistes sont
souvent obligés de réagir en urgence sans avoir le recul nécessaire alors que les experts, appelés à la rescousse, sont parfois enfermés dans leurs compétences.
Pour tenter de proposer un autre regard, Jean-Noël Dumont, philosophe,
et Philippe Brunet-Lecomte, journaliste, ont décidé de relever le défi. En proposant
chaque mois à Lyon, un moment de réflexion sur un sujet qui domine l’actualité
sous forme d’un entretien, questions-réponses, avec une personnalité.
Pas de la philosophie pure et dure à la grecque. Mais de la distance, un peu de "sagesse" et
de "savoir". Avec une exigence : savoir écouter ceux avec qui on est pas d'accord.
Education Nationale, Ukraine, Europe, immigration, dette française, culture...
Du préfet Didier Leschi au juriste Gilles Martin-Genier, en passant par les journalistes Jean-Marc Daniel ou Mohamed Sifaoui... Ils se sont déjà exprimés devant Philo Décrypte. Des interventions publiques suivies d’un débat qui se déroulent le jeudi entre 12h30 et 14h. Enregistrées et rediffusées en podcast.
Si vous avez en tête un sujet à traiter ou une personnalité à inviter, faites vos suggestions sur l'onglet contact ou sur p.brunetlecomte@gmail.com
Qu'est-ce qu'être
franc-maçon ?
Philo Décrypte
invite jeudi 21 mai
Roger Dachez
Grand maître
des Loges nationales françaises unies
et président de l’Institut maçonnique de France
directeur de la revue
Renaissance traditionnelle
Professeur de médecine
enseignant-chercheur
spécialiste de la prévention du cancer
Historien
auteur d’une trentaine de livres
dont «Les 100 mots de la franc-maçonnerie»
avec Alain Bauer,
«Le Rite écossais rectifié», Que sais-je ?
et «La franc-maçonnerie»
une histoire passionnante
de cette société de pensée
depuis sa création à Londres le 24 juin 1717
Jeudi 21 mai 12h30-14h00
au Collège Hôtel,
5 place Saint-Paul Lyon 5ème
Merci de vous inscrire
en cliquant sur l'onglet contact
Participation libre aux frais
https://www.onparticipe.fr/c/Rb9R66YQ

Roger Dachez, prof de médecine et historien de la franc-maçonnerie
Trois siècle
d'histoire maçonique
Alors que la franc-maçonnerie française vient de fêter ses 300 ans, Philo Décrypte invite jeudi 21 mai un Grand maître,
Roger Dachez, prof de médecine et historien
qui a publié une trentaine livres dont le dernier retrace
l’histoire de cette société philosophique.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur… la franc-maçonnerie, sans jamais oser le demander ! En 200 pages, avec cette « Histoire de la franc-maçonnerie», vous ne saurez pas tout mais l’essentiel. Grâce à Roger Dachez, prof de médecine, universitaire, historien… Et il sait de quoi il parle : initié à la Grande Loge de France il y a près d’un demi siècle, il est aujourd’hui Grand maitre des Loges nationales françaises unies mais surtout il a publié sur ce sujet toujours sensible une trentaine d’ouvrages.
Un style d’abord. Simple et très factuel, tout sauf militant. Toujours très équilibré quand il y a controverse. Et un déroulé chronologique qui permet de bien comprendre les trois siècles qui ont fait la maçonnerie d’aujourd’hui. Pas très en forme d’ailleurs.
Avec d’abord une date 1717, aussi facile à retenir que la bataille de Marignan. C’est à Londres que le 24 juin va être créée une Grande Loge qui élira son premier Grand Maître.
Bien sûr avant il y a eu les cathédrales. Gigantesque chantier qui pendant des siècles a mis l’Europe du Moyen Age au travail ad majorem Dei gloria, comme disent les jésuites, ce qu’on pourrait traduire par Allah Akbar ! Des chantiers qui vont inspirer la maçonnerie et notamment son vocabulaire, du grand architecte à l’apprenti, de l’équerre à la planche. D’ailleurs le mot même de «freemasson» désigne en anglais les tailleurs de pierre franche, «l’aristocratie du métier» explique cet universitaire qui au passage balaye un certain nombre de légendes sur l’origine de cette confrérie, notamment l’Egypte antique, ses pyramides et ses mystères.
Des racines anglaises et protestantes
En revanche, Roger Dachez insiste sur ses racines anglaise. Car elle est née au début du 18ème siècle dans un royaume déchiré par «les vieux démons de la discorde» au terme d’un long affrontement politico-religieux notamment entre catholiques et protestants qui finiront par s’imposer en s’affranchissant de l’absolutisme. pour instaurer une monarchie parlementaire.
D’où les deux principes fondateur de cette maçonnerie anglaise qui exige alors de ses membres de croire en Dieu excluant «les athées stupides» tout en reconnaissant à chacun la liberté de choisir sa religion mais aussi de prêter allégeance au pouvoir politique en place. Deux principes assortis d’une ferme recommandation : ne pas parler politique ni religion au cours de leurs «tenues» !
Une volonté de paix et de dialogue qui se concrétise par l’adhésion de nombreuses personnalités à cette Grande Loge : aristocrates, militaires et religieux. Bref un esprit très institutionnel. Avec, dès l’origine, une double mission morale et caritative.
Quelques années plus tard, une première loge est créée à Paris, par des britanniques essentiellement. Mais rapidement cette «greffe française» va se distinguer du «modèle anglais» car elle voit le jour dans un contexte très différent avec une monarchie absolue et un catholicisme dominant. D’où l’émergence d’une franc-maçonnerie laïque et républicaine. Ce qui va provoquer aussi un «virulent antimaçonnisme». Le pape prononçant très vite une «bulle» condamnant cette «secte» jugée «diabolique» alors que des libelles révèlent au grand public ses secrets : rituels, serments, grades, signes de reconnaissance… Générant une hostilité qui va alors prospérer.
Mais cela n’empêche pas une partie des élites fançaises de rejoindre les loges qui vont alors développer une certaine influence dans ce siècle des Lumières qui annoncent de profonds bouleversements.
Mais Roger Dachez s’oppose assez vivement à cette légende que la Révolution française est le résultats d’un «complot maçonnique». Même s’il reconnait que certains maçons revendiquent au contraire fièrement cette paternité. Mais l’historien rappelle que nombreux «Frères de Lumière» ont été victime de la Terreur.
Mais il met aussi en cause la rumeur que Napoléon aurait été initié lorsqu’il était encore un jeune officier En précisant qu’il a d’abord chercher à contrôler cette communauté en poussant son frère Joseph aux plus hautes responsabilités mais aussi certains de ses proches.
Une grande diversité
«parfois presque conflictuelle»
En revanche le grand «tournant» pour la maçonnerie française sera le XIX siècle avec les trois révolutions de 1830, 1848 et 1870 où de nombreux maçons seront à la pointe du combat républicain, notamment pendant la très anti-cléricale Commune qui va déboucher sur la 3ème République qui régnera jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Avec une obédience en première ligne : le Grand Orient qui va alors jouer un rôle clef en étant étroitement associé au pouvoir et en poussant ses fondamentaux : laïcité, école publique, libertés…. Après «le scandale des fiches» révélant les promotions très politiques au sein de l’armée, un anti-maçonniste radical sera porté par l’extrême droite. Ce qui débouchera par une véritable persécution sous l’Occupation par le régime de Vichy : dissolutions, confiscations, déportations… alors que de nombreux frères s’illustrent dans la Résistance. Après la Libération les loges vont mettre un certain temps à se réveiller. Avec toujours deux sensibilités : «le camp libéral» où domine le Grand Orient, et «le camp régulier» qui représente la maçonnerie des origines avec la Grande Loge de France et la Grande Loge Nationale Française. Tandis que de nombreuses «micro obédiences» cultivent une identité propre. Une grande diversité «parfois presque conflictuelle» note l’historien qui souligne les nombreux préjugés qui persistent. D’ailleurs au fil de ce livre surgit ce qui, pour le grand public, caractérise ce mouvement : le secret, l’anticléricalisme, le machisme, l’affairisme…
Mais Roger Dachez ne s’enferme pas dans un prisme franco-anglais en proposant un véritable tour du monde. Avec en vedette, l’Amérique où la maçonnerie s’implante dès 1730 et séduit l’élite de ce territoire encore colonisé. Elle va alors se développer rapidement alors que les frères américains vont être aux avant-postes dans la guerre d’indépendance où ils feront figure de «héros». De nombreux présidents seront des initiés de Georges Washington à Gérald Ford. Une appartenance plus affichée, institutionnalisée et très caritative. Mais le scandale provoqué par un assassinat qui lui est imputé, va durement déstabiliser cette confrérie. En revanche, après la guerre de sécession, elle va vivre un véritable «âge d’or» avec de nombreuses célébrités qui la rejoignent, et des oeuvres charitables très spectaculaires. Au milieu du 20ème siècle, elle compte 4 millions de membres.
Mais Roger Dachez reconnait que malgré sa vocation universaliste, la franc maçonnerie reste associée à une culture européenne et par extension occidentale. Ce qui explique certaines «zones muettes» en Afrique noire, au Moyen Orient, en Asie…
Les défis du XXIème siècle
Une société de pensée qui est aujourd’hui en déclin : 6 millions de frères dans les années 60, la moitié moins aujourd’hui ! Et ils sont plus en plus âgés. Avec toujours une domination américaine qui décline lentement mais de façon irrésistible.
Dans ce paysage, fidèle à sa réputation, la France se distingue avec le record mondial du nombre d’obédiences concurrentes mais aussi une progression constante des effectifs qui ont triplé sur la même période, aujourd’hui plus 150 000. Même si l’absentéisme est élevé et les adhésions limitées parfois à quelques années.
D’où une conclusion assez noire : «la franc-maçonnerie affrontera certainement au XXIème siècle les défis les plus importants de ses trois siècles d’histoire» en évoquant ses trois impératifs : survie, équilibre et stabilité.
Voilà pourquoi Philo Décrypte a invité Roger Dachez pour lui poser une question «simple» : Qu’est-ce qu’être franc-maçon ? Et quel est l’avenir de cette confrérie qui semble tourner le dos aux exigences contemporaines : transparence, féminisme, retour du religieux… Et quelle est désormais sa réelle influence ? Quels sont les rivalités qui la facturent ? Gauche et droite au fond ? Une certitude : cet historien-médecin proposera des réponses toujours argumentées et nuancées mais souvent surprenantes qui permettent d’élargir l’horizon des «profanes». Et lever certains fantasmes.
Une séquence qui permet d’être passionnante d’autant que l’histoire de ce mouvement philosophique s’inscrit étroitement dans l’histoire de France.

Dominique
Schnapper
Les démocraties
sont-elles condamnées ?
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur la démocratie,
la sociologue Dominique Schnapper a accepté un entretien
avec Philo Décrypte assez magistral. Mais un véritable cri d’alarme
pointant les extrémismes qui menacent
«le système politique le plus humain que la modernité a inventé».
Quatre mousquetaires en ouverture de ces «Désillusions» : Platon, Aristote, Montesquieu et Tocqueville pour défendre la liberté et l’égalité contre les «excès». Alors la démocratie qui repose sur ces deux «piliers» est aujourd’hui tellement fragile qu’elle semble condamnée par les radicalités qui montent dans les opinions, là où elle est née pour conquérir le monde : son berceau européen. Et difficile d’être optimiste en refermant ce livre. Difficile même de ne pas avouer qu’on est dans une impasse, sans issue à moins d’un sursaut.
Un mot d’abord, sur le style de ces 273 pages. Simple et clair pour un sujet lourd et complexe. Un signe déjà que cette sociologue ne parle pas simplement pour sa chapelle. Logique vu l’importance de cette question qui doit interpeller tous les citoyens.
D’ailleurs, le sens des mots est, pour elle, une exigence préalable avant de plonger au coeur d’une réflexion sans tabou. Un mot clef d’abord, citoyenneté justement qu’elle définit comme la conscience d’appartenir à une «collectivité historique». Pas simplement une identité : langue, religion, territoire, ethnie…. Ni une «uniformisation» mais «un enracinement» qui au lieu d’enfermer permet de reconnaitre la diversité et de la «transcender» dans l’universalité. C’est toute la modernité de cette citoyenneté qui libère mais qui impose de reconnaître l’autre.
C’est aussi l’enjeu pour cette «utopie» confrontée à la réalité. Comment ça peut marcher ? Démocratie représentative répond celle qui a été membre du Conseil Constitutionnel, en précisant que c’est «la seule forme de démocratie qui ait subi l’expérience de l’histoire». Ce qui permet une délégation d’autorité pour dégager non pas un consensus mais une majorité qui respecte les minorités. Minorités dont la tentation est souvent de contester cette démocratie jugée formelle. En exigeant toujours plus de liberté et d’égalité.
Un égalitarisme «destructeur des singularités»
Y compris en piétinant les réalités. Exemple, le fameux 13-7-3 que Dominique Schnapper oppose à tous ceux qui disent qu’en France, les inégalités sont de-plus-en-plus-fortes. Or sur la base d’une étude de l’INSEE, elle souligne que les revenus des 10% les plus riches sont 13 fois plus élevés que les revenus des 10% les plus pauvres. Mais cet écart est ramené à 7 si on prend en compte les aides sociales et à 3 en valorisant les services publics. Ce qu’elle appelle des «tensions entre ambition de l’égalité et réalité des différences». Tensions d’autant plus fortes que «c’est quand les égalités diminuent qu’elles deviennent de plus en plus insupportables». D’où cette «passion égalitaire» qui conduit à nier que « les hommes n’ont pas tous les même capacités physiques, intellectuelles…» Avec en perspective, le risque majeur que cet égalitarisme soit «destructeur des singularités».
Une analyse méthodique où perce une inquiétude déclinée tout au long de cet ouvrage : les contestations de la démocratie sont de plus en plus radicales. D’autant plus qu’elle peuvent s’exprimer librement ! Ses détracteurs n’acceptant pas les «limites» nécessaires dans une démocratie «réglée» c’est à dire structurée autour de règles communes et acceptées. Ce qui génère «des indignations à la moindre contrainte» Une démocratie «extrême» qui affaiblit la démocratie et menace même son existence.
Les signes de cette «démocratie affaiblie» ? Baisse de la participation aux élections, contestation de leurs résultats, polarisation des débats, appels à la rue doublés d’une certaine indulgence pour la violence alors que la légalité n’est plus automatiquement légitime et que se développe une démocratie d’opinion avec multiplication des sondages… Résultat : «le différent politique fait place à la haine». Couronné par l’émergence d’un «relativisme culturel» affirmant que la démocratie n’est qu’une invention occidentale surtout portée par «une supériorité technique». Une critique de la démocratie elle même et non plus simplement de ses dysfonctionnements
Exemples à l’appui, elle pointe cette «dérive» woke contre toutes les injustices : race, genre, sexualité… Pour promouvoir «une victimisation» générale. De la compagnie Luftansa qui proscrit les «mesdames et messieurs» aux physiciens qui refusent de nommer les «trous noirs». Avant d’insister «tous les blancs ne sont pas racistes, tous les hommes ne sont pas dominateurs…» Drapeau de cette cette croisade contemporaine : «le privilège blanc» dénoncé comme «le péché originel». Avec sur le banc des accusés cette colonisation à l’origine de tout. Pourtant, souligne Dominique Schnapper, cette colonisation n’est pas vraiment un particularisme européen : colonialisme japonais en Asie, colonialisme arabe en Afrique… Mais inscrite en profondeur dans l’histoire de l’humanité.
Cette exigence toujours plus forte d’égalité conduit à une remise en cause du mérite et des singularités pouvant déboucher sur l’effacement de toute diversité. Et la dilution des responsabilités personnelles. Alors que l’exigence de liberté toujours plus forte conduit à une remise en cause de toute hiérarchie donc de l’autorité, ce qui peut déboucher sur l’anarchie.
Avec deux périls majeurs qui se dessinent dans ces «Désillusions de la démocratie» : une dérive identitaire et une dérive autoritaire.
Perspectives sombres donc, d’autant que les économies libérales étroitement associées à ces démocraties sont aujourd’hui fragiles, donc plus capables de générer une croissance pour financer les exigences de «bien être matériel» toujours plus fortes et plus égalitaires. Renforcées par certaines dérives : financiarisation du système, domination de quelques géants des nouvelles technologies…
«Une éventualité raisonnable»
Mais pour cette sociologue qui a été l’élève de Bourdieu avant de s’en affranchir, le plus grave dans cette radicalisation c’est qu’elle simplifie : «En interprétant toutes les relations sociales selon la seule opposition binaire dominés-dominants, ils évacuent la complexité des relations entre les individus et entre les groupes». Alors que «la complexité permet de rendre compte de la réalité».
Dans la foulée, elle estime que «juger le passé avec les valeurs du présent», relève de «la barbarie» en soulignant qu’on assiste aujourd’hui à un retour du religieux. Notamment aux Etats Unis où la passion éclipse la raison. Et elle cite un auteur qui ne lui pas étranger, puisque c’est son père, Raymond Aron, grand penseur du libéralisme qui déjà au milieu du siècle dernier insistait sur ces «religions séculières» qui prennent en otage le monde, c’est à dire «les doctrines qui prennent dans les âmes de nos contemporains la place de la foi évanouie et situent ici-bas dans le lointain de l’avenir, sous forme d’un ordre social à créer, le salut de l’humanité».
«La démocratie pourra-t-elle résister à ses démons ?» s’interroge celle qui a écrit une vingtaine d’ouvrages sur la démocratie en se demandant si «les démocrates sont-ils prêts à combattre» Alors que les dictatures se réjouissent de voire «les démocraties se trahir elles-mêmes» en invoquant la «décadence» et l’impuissance de cet Occident détesté non seulement par les grands pays totalitaires comme la Chine, la Russie, l’Iran… Mais aussi par les pays du Sud Global.
«Le risque de décomposition des sociétés démocratiques» conclut Dominique Schnapper est «une éventualité raisonnable». Ce qui, pour elle, scellerait la fin des «principes qui ont fondé l’Occident depuis le Renaissance» : «la recherche de la vérité, l’esprit critique et la liberté de penser».
Mais comme elle le rappelle au début cet ouvrage «la critique de la démocratie est née en même temps que la démocratie elle-même» pour lui reprocher au fond d’être «trop ou pas assez démocratique». Trop de liberté et pas assez d‘égalité.
Reste la fraternité, le troisième fondement de la trilogie citoyenne. Un mot absent de cet ouvrage. Et ce sera la première question que posera Philo Décrypte à la fille de Raymond Aron qui s’est excusée de ne pas pouvoir venir à Lyon pour parler de ses désillusions. En ironisant sur son «âge invraisemblable» qui souligne son incroyable vivacité d’esprit tout en flirtant avec le siècle. Une énergie qui lui permet de défendre avec talent « le projet politique le plus humain que, malgré ses manquements, la modernité a inventé».
Ecouter l'entretien de Dominique Schnapper
en cliquant sur l'onglet podcast

Podcasts
Chaque séquence de Philo Décrypte est enregistré pour réaliser un podcast que vous pouvez écouter en cliquant sur l’onglet podcast.
Quel avenir pour l'Iran ?
Par l'anthropologue franco-irakienne Fariba Adelkhah auteur de "Prisonnière à Téhéran" après avoir passé plus de deux ans à la fameuse prison d'Evin. Un témoignage tout sauf enflammé mais au contraire un regard distancié sur cette expérience qui lui permet de souligner toute la complexité de cette société iranienne.
Avril 2026
Le rôle du religieux dans un monde au bord de l'explosion ?
Une intervention remarquable de Jean-François Colosimo, historien des religions, qui prêche son évangile géopolitique
sur les chaines d'info. Et qui parle clair
mais surtout voit loin. Il analyse ce rejet
de l'Occident. En soulignant «l'ADN des peuples» est piétiné par la modernité.
Et pris en otage par des autocrates sans état d’âme. Alors que les démocraties souvent aveugles manquent de courage.
Mais il explique pourquoi il y a encore
un espoir.
Mars 2026
Fallait-il organiser un "Nuremberg" du communisme ?
Oui, pour Thierry Wolton. Une occasion manquée après la chute du mur de Berlin.
Issu de la gauche, journaliste à Libération, époque Jean-Paul Sartre, il a été un des premiers à enquêter derrière le rideau de fer en interrogeant les dissidents. Et il a consacré sa vie à dénoncer ce système, cette idéologie
Février 2026
Qui est vraiment Marine Le Pen ?
Par Guillaume Hannezo, énarque-normalien, conseiller économique de François Mitterrand à L'Elysée et auteur d'une dystopie surprenante "Marine Le Pen
présidente"
Janvier 2026
Pourquoi tant de haine ?
Réponse de Patrick Lemoine
psychiatre et docteur en neuroscience,
spécialiste du sommeil,
qui a exercé d'importantes responsabilités
hospitalière et enseigné dans de nombreuses université dont Stanford
Expert auprès des tribunaux...
Auteur d'une quarantaine d'ouvrages
dont le prochain à paraitre sur l'intelligence animale. Une intervention passionnante !
Novembre 2025
Ce que révèle
l'impasse des retraites
Réponse de Jean-Paul Delevoye,
ancien Haut commissaire aux retraites
et défenseur de la retraite à points.
Il parle pour la première fois
depuis sa démission en pointant
derrière cet échec la crise profonde
qui secoue l'univers politique. Et il dresse des perspectives pour une vraie réforme.
Novembre 2025
Qu'est-ce qu'être juif ?
Réponse de l'historienne
Sylvie-Anne Goldberg, chercheuse et universitaire, auteur de nombreux
ouvrages référence dont "Histoire juive
de la France" et "Dictionnaire encyclopédique du judaïsme".
Un esprit ouvert pour une réflexion
toute en finesse et profondeur.
Octobre 2025
Un regard russe
sur la guerre en Ukraine
Après 27 ans à Paris Match,
Régis Le Sommier, grand reporter
a rejoint Russia Today avant de fonder
le site Omerta pour qui il a couvert
ce conflit coté ukrainien et coté russe.
Chroniqueur à CNews, Europe 1
et au JDD. Un témoignage
très alternatif !
Septembre 2025
Faut-il déclarer
la guerre à l'Algérie ?
Pour répondre à cette question sensible, Piette Vermeren, normalien agrégé d'histoire, spécialiste des pays arabes
où il a vécu pendant une dizaine d'années.
Un regard alternatif et argumenté
alors que les relations franco-algériennes sont dans l'impasse.
Juin 2025
Faut-il avoir peur
de Donald Trump ?
Pour répondre Anne Toulouse, une journaliste franco-américaine qui a
écrit trois livres sur Trump,
dont le dernier «L’art de Trumper».
Un regard original sur le phénomène Trump. Tout sauf politique,
encore moins moral. Mais libre.
Très américain au fond.
Mai 2025
A quoi servent
les services secrets ?
C’est la question posée par Philo Décrypte
à Jean Guisnel un des rares journalistes
qui connait bien cet univers qu’il explore depuis près d’un demi siècle
pour Libération puis le Point.
Alors nuls ces James Bond français ?
Non répond cet expert qui raconte les ratages mais aussi les réussites
dont on ne parle jamais.
Du vécu et en plus c’est réfléchi.
Avril 2925
Où va la gauche ?
par François Bazin ancien rédacteur en chef du Nouvel Obs et auteur du "Parrain Rouge" sur Pierre Lambert, le gourou du trotskisme qui a formé de nombreuses figures de la gauche et infiltré partis, syndicats et associations de cette famille politique en la radicalisant.
Mars 2025
A quoi sert l'armée française ?
par Guillaume Ancel, 20 ans sous les drapeaux, aujourd’hui chroniqueur militaire sur France Info et France 5,
il répond en dressant un état des lieux inquiétant et en proposant une solution audacieuse...
Février 2025
Le nouveau SOS de Julien Dray
Fondateur de SOS Racisme, Julien Dray parle du courage et politique.
Le jour du refus PS de censurer
le gouvernement Bayrou.
Alors qu’il vient de publier un livre sévère sur Jean-Luc Mélenchon. Une analyse brillante, ponctuée d’anecdotes surprenantes de ce "Baron Noir"
très actif dans les coulisses
de cette gauche en crise.
Janvier 2025
Narcotrafic de plus en plus violent
et de plus en plus tentaculaire
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Il raconte. Des témoignages étonnants et un diagnostic inquiétant
Décembre 2024
Justice et politique
par François Falletti, ancien procureur
général de Lyon, Aix et Paris qui analyse
les relations compliquées entre ces deux univers. En évoquant le procès
de Marine Le Pen.
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Guillaume Ancel
et Didier Leschi


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Octobre 2024
Cinéma en coulisses
par Thierry Frémaux, Festival de Cannes et Institut Lumière, qui vient de publier
«Rue du Premier-Film», parle culture et cinéma. Très librement !
Septembre 2024
La dette française est-elle remboursable ?
Polytechnicien et auteur de «L’argent magique» l’économiste Jean-Marc Daniel répond à cette question tabou au coeur
du débat politique
Juin 2024
L’Europe peut-elle mourir ?
Prof à Sciences Po Paris, auteur du livre référence "Quel avenir pour l'Europe"
et consultant LCI, Patrick Martin Genier répond à la veille des élections européennes
Mai 2024
Faut-il avoir peur de l’Islam ? Scientifique, enseignant pendant des années en Algérie puis professeur à l’Ecole Centrale, Guy Stremsdoerfer chrétien engagé qui a écrit plusieurs ouvrages sur l’Islam répond
à cette question sensible.
Avril 2024
Faut-il privatiser
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Philosophe et pédagogue, Jean-Noël Dumont, est bien placé pour répondre à cette question un peu provocatrice.
Alors qu’on s’interroge sur les faiblesses
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Mars 2024
Immigration,
entre fantasme et déni
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Une analyse très argumentée de la situation
tirée de son expérience. Combinant ouverture et fermeté.
Février 2024
Terre et Guerre,
Jean-Noël Dumont, agrégé de philosophie, inaugure les séquences de Philo Décrypte
en analysant les conflits en cours au delà
des discours guerriers : Ukraine, Proche Orient…
Janvier 2024
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Julien Dray, jeudi 16 janvier 2025 au cours de son intervention devant Philo Décrypte
sur le courage en politique, à Lyon au Fourvière Hôtel