Philo Décrypte
Réfléchir sur l'actualité

Depuis trois ans, Philo Décrypte propose à Lyon des moments de réflexion sur l’actualité autour de l’auteur d’un livre. Philosophie car de la distance, sagesse et savoir mais surtout une exigence : écouter ceux avec qui on n'est pas d'accord.
Avec des questions sans tabou : la dette française est-elle remboursable ? Faut-il déclarer la guerre à l’Algérie ? Où va la gauche ? ’immigration, déni ou fantasme ? A quoi sert l’armée française ? Qu’est-ce qu’être juif ? Faut-il privatiser l’Education nationale ? Qui est vraiment Marine Le Pen ? La franc-maçonnerie condamnée au déclin ? La démocratie en danger ?
Pour répondre, des invités pluriels, souvent habitués des plateaux télé, mais toujours auteurs d’un livre solide :
L’historien Jean-François Colosimo, le préfet Didier Leschi patron de l'Office français de l'immigration, le chroniqueur militaire Guillaume Ancel, l’économiste Jean-Marc Daniel, le juriste Patrick Martin-Genier, le journaliste d’investigation Mohamed Sifaoui, Julien Dray fondateur de SOS Racisme… Et la sociologue Dominique Schnapper qui défend avec talent la mémoire de son père Raymond Aron….
Des interventions souvent passionnantes et des débats toujours animés. Le tout relayé par un podcast qui s’est imposé.
Voilà pourquoi Philo Décrypte a décidé de prolonger cette démarche en organisant un Salon du Livre Politique ouvert au grand public, notamment aux jeunes. Une première française et ce sera à Lyon.
Un Salon du Livre
Politique à Lyon
Trois ans déjà que Philo Décrypte
propose à Lyon des moments de réflexion sur l’actualité.
Avec des invités pluriels
autour d’un livre, souvent politique au sens large :
histoire, sociologie, philosophie…
Relayés par des podcasts, souvent de jolis succès.
D’où notre décision de prolonger cette démarche en organisant
un Salon du livre politique
le weekend du 20-21 mars 2027 à Lyon
Avec un objectif ambitieux : revaloriser le politique par le livre.
Alors que l’abstention ne cesse de progresser
comme le discrédit des politiques.
Une première en France car ce salon sera ouvert
au grand public, notamment aux jeunes.
Avec des débats, des ateliers,
des expos, des spectacles… Et des «Lyon d’Or»
pour distinguer plusieurs livres.
Un espace d’échanges et d’intelligences
dans la dynamique de la Présidentielle.
Avec un seul drapeau
Apprendre à ne pas être d'accord
pour débattre et réfléchir ensemble
Un projet citoyen
porté par une petite équipe très impliquée
cliquer sur l'onglet Salon du Livre Politique
ou sur urls.fr/fbvcP1

Le mystère Vincent Bolloré
C’est le patron le plus controversé et le plus médiatique
de France. Voilà pourquoi Philo Décrypte invite, jeudi 19 novembre, Clément Lacombe auteur d’un livre enquête sur ce croisé
de la droite et de l’extrême droite qui va être jugé en décembre prochain pour corruption.

Vincent Bolloré invité de la séquence du 19 novembre de Philo Décrypte
avec le grand reporter Clément Lacombe qui vient de publier un livre enquête
sur ce patron très controversé
Même après avoir dévoré ce passionnant, «La droite de Dieu» difficile de savoir qui est vraiment Vincent Bolloré. « Un mille-feuille de contradictions », reconnaissent Clément Lacombe et Clémentine Vigogne qui ont réalisé un vrai travail d’enquête. En s’appuyant sur de nombreux témoignages, sauf celui du héros de ce livre qui a refusé de leur parler et c’est pas plus mal. Car cela participe au mystère !
275 pages à charge, par ces deux grands reporters au Nouvel Obs. Mais rien à voir avec un réquisitoire. Pas de blabla moraliste. Mais des faits qui dessinent un personnage. Inquiétant vu de la rive gauche. En revanche, sur la rive d’en face, on se félicitera, car ce personnage qui a gagné beaucoup d’argent a tout un coup décidé de devenir un militant, en constituant un empire médiatique.
Pourtant rien, absolument rien ne le prédestinait à jouer ce rôle.
Alors comment ce grand patron qui a su «naviguer avec subtilité entre la droite et la gauche de gouvernement» et qui passait il y a encore une dizaine d’années pour relativement modéré, est-il devenu aujourd’hui un véritable épouvantail sur la scène politique ?
Il met souvent en avant ses origines bretonnes. Mais il a été élevé dans un hôtel particulier du 16ème arrondissement de Paris par des parents fêtards qui recevait François Mitterrand et Georges Pompidou. «Adolescent dilettante», ce «beau gosse» est devenu un entrepreneur visionnaire «incapable de résister à la promesse d’une plus-value». Aujourd’hui 13ème fortune de France avec une dizaine de milliards.
Mais il n’est pas parti de rien. Loin de là. Deux siècles d’entrepreneurs dans la papeterie.Il va reprendre la PME familiale au bord de la faillite en passant du papier cigarette au film plastique ultra-fin. Sans états d’âme, le jeune homme va alors éliminer les membres de sa famille qui le gênent pour mener à bien ce sauvetage. Puis dans les années 80, il élargit son horizon en s’attaquant à l’Afrique pour devenir gestionnaire de 40 grandes installations portuaires. Avec là encore des méthodes inavouables pour détendre son empire logistique qui emploiera 20 000 salariés quand il le vendra près 6 milliards d’euros il y a cinq ans.
D’ailleurs, en décembre prochain, un grand procès va mettre cet homme de l’ombre sous les projecteurs. Car il a tout avoué en pensant bénéficier de la fameuse procédure du plaider-coupable. Ce qui lui a été refusé vu la gravité des faits, et il a renvoyé en correctionnelle où il sera jugé pour corruption. Un complot de l’Elysée, estime l’accusé.
Pas sûr que ses médias, fassent un compte rendu fidèle de cet épisode judiciaire. De CNews à Europe 1 en passant par le JDD et Canal+ sans oublier la planète Hachette qui collectionne plus de 200 maisons d’édition souvent prestigieuses. mais aussi Publicis le géant de la publicité…
Pas sûr non plus que les magistrats arriveront à décrypter, ce personnage, planqué dans son hôtel particulier de la Villa Montmorency «ghetto de riches» au coeur de Paris. Toujours très discret, ni chauffeur, ni garde du corps… Il n’accorde d’ailleurs jamais d’interview.
Pourtant, il aurait beaucoup de choses à raconter si on en croit ce livre-enquête qui collectionne certain nombre de révélations. De l’ami Sarkozy au «petit con» Macron, en passant par Lagardère qu’il a domestiqué ou Nadja son homme de main à CNews qui répète aux journalistes «réfléchir c’est déjà désobéir»…
Une certitude : il tient d’une main de fer son empire médiatique, où il intervient directement au cours de réunions pour imposer sa ligne. Avec un triangle obsessionnel : immigration, sécurité, islam. Et une priorité : la défense d’un catholicisme traditionnel. Proche du Rassemblement national sur le régalien mais assez éloigné sur l’économie : dette, retraites, fiscalité….Il plaide pour une «union des droites» en fait de la droite et l’extrême droite. Son égérie : Sarah Knafo.
Le plus étonnant, c’est la soudaine passion religieuse qui l’a saisi. Catholique par convention, il est devenu, il y a quelques années un véritable croisé. Messes en latin, retraites, pèlerinages…. Et financements très généreux avec en tête le foyer Jean Bosco dans le centre de Paris, où il vient prier régulièrement et qui accueille des étudiants, souvent de jeunes convertis, sous l’autorité d’un prêtre ultra assez étrange, suspecté de pédophilie. Très généreux aussi aussi avec le think tank « L’Institut de l’Espérance» qui vient de publier un manifeste pour la Présidentielle «en adéquation avec les valeurs de l’Evangile» catalogue anti-IVG, anti-immigration, anti-Europe…
Et puis il y a les ambiguïtés de ce catholique fervent qui a divorcé alors qu’il entretenait une liaison avec sa belle soeur avant de se lâcher. Fidèle de Saint Tropez, il reconnait lui-même «je me tape trop de nanas» beaucoup plus jeunes que lui. Alors qu’il est suspecté d’entretenir «une relation intime» avec Xénia Federovna, ancienne patronne de RT France, la télé de Poutine, ce qui ne serait pas sans influence sur le virage russe qu’il a imposé à ses médias.
Un mystère, conclut ce duo journalistique : à la fois charmeur et brutal, ouvert voire tolérant et ultra conservateur, discret et même secret mais très provocateur, apôtre de la vérité et grand menteur, cynique…. Capable de dire sans rire qu’il « savoir pardonner » quand ça l’arrange. Notamment pour protéger ses proches. Très entouré, très courtisé mais seul. Un fantôme «insaisissable»
Mais pas question pour lui de céder aux pressions, notamment à ceux qui lui conseillent de ne pas trop abîmer son image. Aujourd’hui à 74 ans, Vincent Bolloré, s’est tracé un chemin et il ne renoncera pas. Comme il ne s’est jamais embrasé de scrupule pour construire sa fortune. D’autant que ce retraité qui affirme ne pas avoir peur de la mort, n’est plus obsédé par sa succession alors que, dans l’ombre, ses quatre enfants souvent «pétrifiés» par les engagements de leur père qui, selon eux, n’a «aucune limite».
Alors quand on referme «A droite de Dieu, on ne sait plus à quel saint se vouer. Et on demande qui arrêtera ce «diable» de Bolloré, froid et calculateur, mais qui, reconnaissent les deux enquêteurs, a toujours une forte capacité de séduction et surtout une volonté implacable.
Un vrai problème car il dispose avec son empire médiatique d’une influence considérable.
Même s’il n’est pas le seul grand patron à avoir investi dans les médias pour défendre ses intérêts et ses idées. Bouygues, Niel, Pinault, Saadé, Arnault, Drahi, Křetínský… qui ont compris qu’à une époque où la communication joue un rôle clé en politique, ces investissements sont stratégiques.
Voilà comment la plupart des grands médias sont aujourd’hui contrôlés par des groupes financiers. Une menace pour la démocratie ? Débat en perspective jeudi 19 novembre avec Philo Décrypte.
"Le mystère Vincent Bolloré"
avec Clément Lacombe, grand reporter au Nouvel Obs
Jeudi 19 novembre 2026 / 12h30-14h
au Collège Hôtel 5 place Saint Paul Lyon 5ème
Inscription en cliquant sur l'onglet contact

La sociologue Dominique Schnapper
Les démocraties
sont-elles condamnées ?
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur la démocratie,
la sociologue Dominique Schnapper a accepté un entretien
avec Philo Décrypte assez magistral. Mais un véritable cri d’alarme
pointant les extrémismes qui menacent
«le système politique le plus humain que la modernité a inventé».
Quatre mousquetaires en ouverture de ces «Désillusions» : Platon, Aristote, Montesquieu et Tocqueville pour défendre la liberté et l’égalité contre les «excès». Alors la démocratie qui repose sur ces deux «piliers» est aujourd’hui tellement fragile qu’elle semble condamnée par les radicalités qui montent dans les opinions, là où elle est née pour conquérir le monde : son berceau européen. Et difficile d’être optimiste en refermant ce livre. Difficile même de ne pas avouer qu’on est dans une impasse, sans issue à moins d’un sursaut.
Un mot d’abord, sur le style de ces 273 pages. Simple et clair pour un sujet lourd et complexe. Un signe déjà que cette sociologue ne parle pas simplement pour sa chapelle. Logique vu l’importance de cette question qui doit interpeller tous les citoyens.
D’ailleurs, le sens des mots est, pour elle, une exigence préalable avant de plonger au coeur d’une réflexion sans tabou. Un mot clef d’abord, citoyenneté justement qu’elle définit comme la conscience d’appartenir à une «collectivité historique». Pas simplement une identité : langue, religion, territoire, ethnie…. Ni une «uniformisation» mais «un enracinement» qui au lieu d’enfermer permet de reconnaitre la diversité et de la «transcender» dans l’universalité. C’est toute la modernité de cette citoyenneté qui libère mais qui impose de reconnaître l’autre.
C’est aussi l’enjeu pour cette «utopie» confrontée à la réalité. Comment ça peut marcher ? Démocratie représentative répond celle qui a été membre du Conseil Constitutionnel, en précisant que c’est «la seule forme de démocratie qui ait subi l’expérience de l’histoire». Ce qui permet une délégation d’autorité pour dégager non pas un consensus mais une majorité qui respecte les minorités. Minorités dont la tentation est souvent de contester cette démocratie jugée formelle. En exigeant toujours plus de liberté et d’égalité.
Un égalitarisme «destructeur des singularités»
Y compris en piétinant les réalités. Exemple, le fameux 13-7-3 que Dominique Schnapper oppose à tous ceux qui disent qu’en France, les inégalités sont de-plus-en-plus-fortes. Or sur la base d’une étude de l’INSEE, elle souligne que les revenus des 10% les plus riches sont 13 fois plus élevés que les revenus des 10% les plus pauvres. Mais cet écart est ramené à 7 si on prend en compte les aides sociales et à 3 en valorisant les services publics. Ce qu’elle appelle des «tensions entre ambition de l’égalité et réalité des différences». Tensions d’autant plus fortes que «c’est quand les égalités diminuent qu’elles deviennent de plus en plus insupportables». D’où cette «passion égalitaire» qui conduit à nier que « les hommes n’ont pas tous les même capacités physiques, intellectuelles…» Avec en perspective, le risque majeur que cet égalitarisme soit «destructeur des singularités».
Une analyse méthodique où perce une inquiétude déclinée tout au long de cet ouvrage : les contestations de la démocratie sont de plus en plus radicales. D’autant plus qu’elle peuvent s’exprimer librement ! Ses détracteurs n’acceptant pas les «limites» nécessaires dans une démocratie «réglée» c’est à dire structurée autour de règles communes et acceptées. Ce qui génère «des indignations à la moindre contrainte» Une démocratie «extrême» qui affaiblit la démocratie et menace même son existence.
Les signes de cette «démocratie affaiblie» ? Baisse de la participation aux élections, contestation de leurs résultats, polarisation des débats, appels à la rue doublés d’une certaine indulgence pour la violence alors que la légalité n’est plus automatiquement légitime et que se développe une démocratie d’opinion avec multiplication des sondages… Résultat : «le différent politique fait place à la haine». Couronné par l’émergence d’un «relativisme culturel» affirmant que la démocratie n’est qu’une invention occidentale surtout portée par «une supériorité technique». Une critique de la démocratie elle même et non plus simplement de ses dysfonctionnements
Exemples à l’appui, elle pointe cette «dérive» woke contre toutes les injustices : race, genre, sexualité… Pour promouvoir «une victimisation» générale. De la compagnie Luftansa qui proscrit les «mesdames et messieurs» aux physiciens qui refusent de nommer les «trous noirs». Avant d’insister «tous les blancs ne sont pas racistes, tous les hommes ne sont pas dominateurs…» Drapeau de cette cette croisade contemporaine : «le privilège blanc» dénoncé comme «le péché originel». Avec sur le banc des accusés cette colonisation à l’origine de tout. Pourtant, souligne Dominique Schnapper, cette colonisation n’est pas vraiment un particularisme européen : colonialisme japonais en Asie, colonialisme arabe en Afrique… Mais inscrite en profondeur dans l’histoire de l’humanité.
Cette exigence toujours plus forte d’égalité conduit à une remise en cause du mérite et des singularités pouvant déboucher sur l’effacement de toute diversité. Et la dilution des responsabilités personnelles. Alors que l’exigence de liberté toujours plus forte conduit à une remise en cause de toute hiérarchie donc de l’autorité, ce qui peut déboucher sur l’anarchie.
Avec deux périls majeurs qui se dessinent dans ces «Désillusions de la démocratie» : une dérive identitaire et une dérive autoritaire.
Perspectives sombres donc, d’autant que les économies libérales étroitement associées à ces démocraties sont aujourd’hui fragiles, donc plus capables de générer une croissance pour financer les exigences de «bien être matériel» toujours plus fortes et plus égalitaires. Renforcées par certaines dérives : financiarisation du système, domination de quelques géants des nouvelles technologies…
«Une éventualité raisonnable»
Mais pour cette sociologue qui a été l’élève de Bourdieu avant de s’en affranchir, le plus grave dans cette radicalisation c’est qu’elle simplifie : «En interprétant toutes les relations sociales selon la seule opposition binaire dominés-dominants, ils évacuent la complexité des relations entre les individus et entre les groupes». Alors que «la complexité permet de rendre compte de la réalité».
Dans la foulée, elle estime que «juger le passé avec les valeurs du présent», relève de «la barbarie» en soulignant qu’on assiste aujourd’hui à un retour du religieux. Notamment aux Etats Unis où la passion éclipse la raison. Et elle cite un auteur qui ne lui pas étranger, puisque c’est son père, Raymond Aron, grand penseur du libéralisme qui déjà au milieu du siècle dernier insistait sur ces «religions séculières» qui prennent en otage le monde, c’est à dire «les doctrines qui prennent dans les âmes de nos contemporains la place de la foi évanouie et situent ici-bas dans le lointain de l’avenir, sous forme d’un ordre social à créer, le salut de l’humanité».
«La démocratie pourra-t-elle résister à ses démons ?» s’interroge celle qui a écrit une vingtaine d’ouvrages sur la démocratie en se demandant si «les démocrates sont-ils prêts à combattre» Alors que les dictatures se réjouissent de voire «les démocraties se trahir elles-mêmes» en invoquant la «décadence» et l’impuissance de cet Occident détesté non seulement par les grands pays totalitaires comme la Chine, la Russie, l’Iran… Mais aussi par les pays du Sud Global.
«Le risque de décomposition des sociétés démocratiques» conclut Dominique Schnapper est «une éventualité raisonnable». Ce qui, pour elle, scellerait la fin des «principes qui ont fondé l’Occident depuis le Renaissance» : «la recherche de la vérité, l’esprit critique et la liberté de penser».
Mais comme elle le rappelle au début cet ouvrage «la critique de la démocratie est née en même temps que la démocratie elle-même» pour lui reprocher au fond d’être «trop ou pas assez démocratique». Trop de liberté et pas assez d‘égalité.
Reste la fraternité, le troisième fondement de la trilogie citoyenne. Un mot absent de cet ouvrage. Et ce sera la première question que posera Philo Décrypte à la fille de Raymond Aron qui s’est excusée de ne pas pouvoir venir à Lyon pour parler de ses désillusions. En ironisant sur son «âge invraisemblable» qui souligne son incroyable vivacité d’esprit tout en flirtant avec le siècle. Une énergie qui lui permet de défendre avec talent « le projet politique le plus humain que, malgré ses manquements, la modernité a inventé».
Ecouter l'entretien avec Dominique Schnapper
en cliquant sur l'onglet podcast

Une «fille à chat»
face aux «cygnes noirs»
Qui est vraiment Marine Le Pen ? Première séquence Philo Décrypte
de l’année 2026 avec une question sensible alors que la Cour d’Appel de Paris
va décider si la leader du Rassemblement National pourra se présenter
à la prochaine élection présidentielle.
Et pour répondre l’auteur d’un livre étonnant.
Une fiction ce «Marine Le Pen présidente» ? Oui bien sûr, répondrait en choeur le trio qui a imaginé cette «dystopie politique» publiée il y a tout j juste un an. D’ailleurs, un événement annoncé dans ce livre est déjà démenti : une élection présidentielle anticipée avec un deuxième tour le 6 mars 2026. Peu importe car tout est crédible dans cette arrivée au pouvoir
de la chef suprême du RN : son premier discours, sa nomination d’un premier ministre et d’un gouvernement, ses premières grandes décisions et ses premiers problèmes.
Pas de grands discours. Mais une histoire où on croise tous les personnages du bestiaire politique, de Mélenchon dépressif à Bardella marginalisé en passant par Wauquiez à Matignon avec quelques instrus comme Henri Progilo qui prend en main les finances de la France. Et un fantôme, Emmanuel Macron.
Du suspens souvent, des surprises parfois. De la drôlerie aussi. Mais en ouverture la fameuse formule de Lacan donne le ton : «le réel c’est quand quand on se cogne». Et ça fait mal. D’autant que l’attente est très forte chez ses électeurs à qui la candidate d’extrême droite a promis de «rendre leur fierté de vrais français». Mais la tension monte : audiovisuel public, banlieues, universités, culture, Conseil constitutionnel… Avec en prime la police qui dérape, l’armée qui s’en mêle et les hackeurs qui se déchainent. Mais c’est l’économie qui aura le dernier mot dans cette France endettée et fragile. Au bord du chaos. Elle va alors prononcer un discours décisif.
La fille du «diable» est condamnée
à déchainer les flammes de l’enfer ?
Entre les lignes, ce «Marine Le Pen présidente», esquisse le portrait de cette «fille à chats» d’un père à chiens. Jeunesse douloureuse, attentat trauma, mère qui s’affiche dans Playboy… Avocate fêtarde puis «héritière» de «l’entreprise familiale» dont elle éjecte son fondateur. Plébiscitée par les sondages mais au fond un mystère.
Voilà pourquoi Philo Décrypte a invité un des trois auteurs de ce livre, Guillaume Hannezo. Collectionneur de diplômes : ancien élève de Science Po, major de l’ENA, normalien… cet inspecteur des finances rejoint la direction des AGF avant de devenir conseiller économique du président François Mitterand. Puis directeur financier de Vivendi, associé gérant de la banque Rothschild… Co-fondateur des Gracques qui réunit centristes et socialistes et membre du conseil d’administration de Terra Nova, il enseigne à l’Ecole Normale Supérieure.
Une expérience qui va sans aucun doute lui permettre d’éclairer la personnalité de celle qui est au centre de la vie politique française depuis 20 ans. D’autant plus que dans sa dystopie, des questions restent en suspend. A-t-elle envie du pouvoir ? Est-elle à la hauteur ? Et pourquoi ces virages politiques, de l’Europe aux retraites ? Sur l’économie penche-t-elle à gauche ou à droite ? Et cette diabolisation, un masque ? A-t-elle des convictions solides ou au contraire est-elle une opportuniste qui surfe sur les humeurs de l’opinion ? Et pourquoi ce déni dans son procès pour sur les assistants parlementaires européens où elle risque son avenir ? Quel est le rôle des quelques conseillers influents qui se succèdent dans l’entourage de cette solitaire fascinée par les intellectuels mais qui ne lit jamais ?
Mais surtout pourquoi la nouvelle présidente devra-t-elle être attentive aux «cygnes noirs» ? Etranges oiseaux qui, selon cette vraie fausse fiction, symbolisent «le véritable inconnu» c’est à dire «ce qu’on ne sait pas, qu’on ne connait pas et qui va nous arriver dans la gueule et changer tout» ? Un signe que la fille du «diable» est condamnée à déchainer les flammes de l’enfer ?
Ecouter l'intervention de Guillaume Hannezo
en cliquant sur l’onglet podcast

Podcasts
Chaque séquence de Philo Décrypte est enregistré pour réaliser un podcast que vous pouvez écouter en cliquant sur l’onglet podcast. Tout en découvrant le live de ces invités en cliquant sur l'onglet entretiens.
Les sombres coulisses du rap
Auteur de "L'Empire" le journaliste Joan Tilouine raconte cet univers musical qui a provoqué une véritable révolution marginalisant rock, pop, variétés... et qui
brasse aujourd'hui des milliards.
Ce qui attire les mafias qui rackettent les grandes stars du rap obligées de céder ou de s'exiler.
Octobre 2026
Israël menacé par une guerre fratricide ?
Denis Charbit professeur de Sciences Politiques à Jérusalem et auteur de "La paix assassinée" répond à cette question sensible en estimant que la société isréalienne est proofondement fracturée. Avec deux tribus irréconciliables face à face. Alors que des législatives vont décider fin octobre du sort du premier ministre Benjamin Netanyahou.
Septembre 2026
L'audiovisuel public
est-il condamné ?
Universitaire et chercheuse, Evelyne Cohen retrace dans son denier livre les grandes évolutions depuis la Libération de ce service public aujourd'hui fortement contesté à l'extrême droite mais aussi à droite qui dénoncent son coût et son impartialité. Une histoire très agitée et des perspectives d'avenir incertaines.
Juin 2006
La franc-maçonnerie est-elle condamnée au déclin ?
C'est un grand grand maitre qui répond à cette question alors que la maçonnerie a perdu la moitié de ses membre en un demi-siècle. Prof de médecine, universitaire, auteur d'une trentaine de livres sur cette société philosophie, il retrace trois siècles d'histoire avant de dresser des perspectives. Une de plus belles séquences de la saison
Mai 2006
Quel avenir pour l'Iran ?
Par l'anthropologue franco-irakienne Fariba Adelkhah auteur de "Prisonnière à Téhéran" après avoir passé plus de deux ans à la fameuse prison d'Evin. Un témoignage tout sauf enflammé mais au contraire un regard distancié sur cette expérience qui lui permet de souligner toute la complexité de cette société iranienne.
Exceptionnellement, Philo Décrypte a décidé de ne pas diffusé le podcast de cette intervention à la demande de Fariba Abdelkhah.
Avril 2026
Le rôle du religieux dans un monde au bord de l'explosion ?
Une intervention remarquable de Jean-François Colosimo, historien des religions, qui prêche son évangile géopolitique
sur les chaines d'info. Et qui parle clair
mais surtout voit loin. Il analyse ce rejet
de l'Occident. En soulignant «l'ADN des peuples» est piétiné par la modernité.
Et pris en otage par des autocrates sans état d’âme. Alors que les démocraties souvent aveugles manquent de courage.
Mais il explique pourquoi il y a encore
un espoir.
Mars 2026
Fallait-il organiser un "Nuremberg" du communisme ?
Oui, pour Thierry Wolton. Une occasion manquée après la chute du mur de Berlin.
Issu de la gauche, journaliste à Libération, époque Jean-Paul Sartre, il a été un des premiers à enquêter derrière le rideau de fer en interrogeant les dissidents. Et il a consacré sa vie à dénoncer ce système, cette idéologie
Février 2026
Qui est vraiment Marine Le Pen ?
Par Guillaume Hannezo, énarque-normalien, conseiller économique de François Mitterrand à L'Elysée et auteur d'une dystopie surprenante "Marine Le Pen
présidente"
Janvier 2026
Pourquoi tant de haine ?
Réponse de Patrick Lemoine
psychiatre et docteur en neuroscience,
spécialiste du sommeil,
qui a exercé d'importantes responsabilités
hospitalière et enseigné dans de nombreuses université dont Stanford
Expert auprès des tribunaux...
Auteur d'une quarantaine d'ouvrages
dont le prochain à paraitre sur l'intelligence animale. Une intervention passionnante !
Décembre 2025
Ce que révèle
l'impasse des retraites
Réponse de Jean-Paul Delevoye,
ancien Haut commissaire aux retraites
et défenseur de la retraite à points.
Il parle pour la première fois
depuis sa démission en pointant
derrière cet échec la crise profonde
qui secoue l'univers politique. Et il dresse des perspectives pour une vraie réforme.
Novembre 2025
Qu'est-ce qu'être juif ?
Réponse de l'historienne
Sylvie-Anne Goldberg, chercheuse et universitaire, auteur de nombreux
ouvrages référence dont "Histoire juive
de la France" et "Dictionnaire encyclopédique du judaïsme".
Un esprit ouvert pour une réflexion
toute en finesse et profondeur.
Octobre 2025
Un regard russe
sur la guerre en Ukraine
Après 27 ans à Paris Match,
Régis Le Sommier, grand reporter
a rejoint Russia Today avant de fonder
le site Omerta pour qui il a couvert
ce conflit coté ukrainien et coté russe.
Chroniqueur à CNews, Europe 1
et au JDD. Un témoignage
très alternatif !
Septembre 2025
Faut-il déclarer
la guerre à l'Algérie ?
Pour répondre à cette question sensible, Pierre Vermeren, normalien agrégé d'histoire, spécialiste des pays arabes
où il a vécu pendant une dizaine d'années.
Un regard alternatif et argumenté
alors que les relations franco-algériennes sont dans l'impasse.
Juin 2025
Faut-il avoir peur
de Donald Trump ?
Pour répondre Anne Toulouse, une journaliste franco-américaine qui a
écrit trois livres sur Trump,
dont le dernier «L’art de Trumper».
Un regard original sur le phénomène Trump. Tout sauf politique,
encore moins moral. Mais libre.
Très américain au fond.
Mai 2025
A quoi servent
les services secrets ?
C’est la question posée par Philo Décrypte
à Jean Guisnel un des rares journalistes
qui connait bien cet univers qu’il explore depuis près d’un demi siècle
pour Libération puis le Point.
Alors nuls ces James Bond français ?
Non répond cet expert qui raconte les ratages mais aussi les réussites
dont on ne parle jamais.
Du vécu et en plus c’est réfléchi.
Avril 2925
Où va la gauche ?
par François Bazin ancien rédacteur en chef du Nouvel Obs et auteur du "Parrain Rouge" sur Pierre Lambert, le gourou du trotskisme qui a formé de nombreuses figures de la gauche et infiltré partis, syndicats et associations de cette famille politique en la radicalisant.
Mars 2025
A quoi sert l'armée française ?
par Guillaume Ancel, 20 ans sous les drapeaux, aujourd’hui chroniqueur militaire sur France Info et France 5,
il répond en dressant un état des lieux inquiétant et en proposant une solution audacieuse...
Février 2025
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Patrick Martin-Genier
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Julien Dray et
Mohamed Sifaoui


Didier Leschi
et Guillaume Ancel

Le nouveau SOS de Julien Dray
Fondateur de SOS Racisme, Julien Dray parle du courage et politique.
Le jour du refus PS de censurer
le gouvernement Bayrou.
Alors qu’il vient de publier un livre sévère sur Jean-Luc Mélenchon. Une analyse brillante, ponctuée d’anecdotes surprenantes de ce "Baron Noir"
très actif dans les coulisses
de cette gauche en crise.
Janvier 2025
Narcotrafic de plus en plus violent
et de plus en plus tentaculaire
par Jean-Michel Décugis, grand reporter au Parisien, 30 ans d'enquête sur le terrain. auteur de "Tueurs à gages".
Il raconte. Des témoignages étonnants et un diagnostic inquiétant
Décembre 2024
Justice et politique
par François Falletti, ancien procureur
général de Lyon, Aix et Paris qui analyse
les relations compliquées entre ces deux univers. En évoquant le procès
de Marine Le Pen.
Novembre 2024
Le Hamas dans l’impasse
par Mohamed Sifaoui, journaliste et spécialiste de l’slamisme qui vient de publier un livre sur ce groupe terroriste au coeur du conflit au Proche Orient
Octobre 2024
Cinéma en coulisses
par Thierry Frémaux, Festival de Cannes et Institut Lumière, qui vient de publier
«Rue du Premier-Film», parle culture et cinéma. Très librement !
Septembre 2024
La dette française est-elle remboursable ?
Polytechnicien et auteur de «L’argent magique» l’économiste Jean-Marc Daniel répond à cette question tabou au coeur
du débat politique
Juin 2024
L’Europe peut-elle mourir ?
Prof à Sciences Po Paris, auteur du livre référence "Quel avenir pour l'Europe"
et consultant LCI, Patrick Martin Genier répond à la veille des élections européennes
Mai 2024
Faut-il avoir peur de l’Islam ? Scientifique, enseignant pendant des années en Algérie puis professeur à l’Ecole Centrale, Guy Stremsdoerfer chrétien engagé qui a écrit plusieurs ouvrages sur l’Islam répond
à cette question sensible.
Avril 2024
Faut-il privatiser
l’éducation Nationale ?
Philosophe et pédagogue, Jean-Noël Dumont, est bien placé pour répondre à cette question un peu provocatrice.
Alors qu’on s’interroge sur les faiblesses
de l’enseignement public
Mars 2024
Immigration,
entre fantasme et déni
Par Didier Leschi, directeur de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégra-tion, auteur du "Grand dérangement»
Une analyse très argumentée de la situation
tirée de son expérience. Combinant ouverture et fermeté.
Février 2024
Terre et Guerre,
Jean-Noël Dumont, agrégé de philosophie, inaugure les séquences de Philo Décrypte
en analysant les conflits en cours au delà
des discours guerriers : Ukraine, Proche Orient…
Janvier 2024
Philo Décrypte
organise
le 20-21 mars 2027
un Salon du Livre
Politique
à Lyon
Une première
française !
Avec des des débats,
des ateliers, des
recontres, des expos,
des spectacles...
En savoir plus
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Julien Dray, jeudi 16 janvier 2025 au cours de son intervention devant Philo Décrypte
sur le courage en politique, à Lyon au Fourvière Hôtel